Chant judéo-arabe
« Ta bouche est surmontée par un dais de saphir
C’est ton nez, bien plus beau que les ors d’Orphir :
Les étoiles aux cieux, les astres au nadir.
Le mystère au zénith, aussitôt de pâlir !
Pitié, au fond du trou, pour qui va se détruire,
Ranime sa face de ton souffle, splendeur ! »
Isaac Ben Abraham Uziel
Une des grandes fiertés du Maroc est sans doute d’avoir su préserver son héritage judéo-arabe, symbole d’une Andalousie qui dans notre monde tourmenté fait office de symbole.
Le rabbin Haim Louk né à Casablanca en 1942 est une des figures majeures de cet art musical judéo-arabe qu’il a hérité du grand maître de la liturgie juive marocaine, le Rabbin aveugle David Bouzaglou ‘Zal ou du musulman Abdessadok Chekara, la voix andalouse de Tétouan. Il partage sa foi et son savoir rabbinique avec sa passion pour la liturgie séfarade et son amour pour la poésie religieuse. Entre tradition classique « ala » la musique andalouse marocaine et le répertoire hébreu des cantiques piyyoutim et des baqashot, louanges à Dieu, Haim Louk a su garder cette saveur, qui du murmure intérieur s’extériorise, dans le frisson d’un ravissement spirituel et sensuel.
A la croisée de ces univers poétiques juifs et arabes, il y a le matrouz, qui mêle subtilement paroles arabes et hébreuses.
« Cette broderie de paroles poétiques de poèmes de toutes époques, de tous âges, de tous genres et de tous sujets, le ''matrouz'' c'est l'âme et l'essence même de la multiculturalité. Une culture qui est plurielle ne peut pas ne pas broder ses différences et ses différents éléments. La vie c'est aussi de la broderie. On brode dans tous les sens » comme le définit par le Pr Joseph Chetrit.
Entouré par les musiciens de Abderahim Souiri tous dépositaires d’un savoir faire hérité de la tradition fassie de Cordoue, Haim Louk pourra laisser libre cours à une inspiration qui témoigne d’une transmission sans faille.
Ce groupe se produira dans le cadre de la nuit de la médina 2