Voix nomades - Sardaigne - Mongolie

Cuncordu E Tenore de Orosei et les chanteurs Ts. Tsogtgerel et N. Ganzorig de Mongolie

La rencontre des chants des Tenores sardes avec le chant mongol diphonique, le khöömii

« Il n’y a que le ciel qui voit le dos d’un épervier »
Proverbe mongol

Au cœur d’une nature encore sacralisée et pastorale, la beauté âpre des montagnes sardes rencontrent l’étendue des steppes de Mongolie à travers les polyphonies des Tenores et le chant diphonique koomi.


Entre liturgie et fêtes paysannes, aux confins du profane et du sacré, des voix résonnent encore des hauteurs de ces montagnes sardes là où se réfugie la beauté d’une culture pastorale toujours vivante.

Depuis la préhistoire, dans tout le bassin méditerranéen et ses pourtours montagneux ou désertiques, l’ancien chasseur, devenu pasteur, n’a eu de cesse de s’octroyer les pouvoirs bénéfiques ou maléfiques de son environnement et des créatures qui le peuplent afin de pouvoir, le dominer ou s’y insérer.

Les polyphonies sardes remontent jusqu’à la période nuragique qui correspond à la naissance de ces tours rondes (nuraghe) en forme de cône tronqué. Ces édifices mégalithiques restent le symbole de cette époque nuragique qui apparue de 1900 et 730 av. J.-C (entre âge de bronze et de fer).

C’est au delà des mers vers d’autres montagnes aussi vénérées depuis les temps préhistoriques, celles des steppes du Gobi-Altaï, où se rencontrent les montagnes de l’Altaï et l’immense désert de Gobi, qu’est né, comme le veut la légende, le chant diphonique, le khöömii (littéralement larynx). Il s’accompagne du morin-khuur ou khiil -khuur, la vièle-cheval du poète et devin. Le chant diphonique est une métaphore musicale du relief des collines, de l’étendue des steppes et des troupeaux, du tumulte de la nature, de ses grondements et de ses murmures, du galop des chevaux et du bruissement des herbes sauvages.   
Aussi dans une surprenante continuité, au cœur de ces deux traditions, nous retrouvons aussi l’usage de la guimbarde, l’instrument nomade des bergers du monde.

Un travail de création mettra en valeur la richesse de ces techniques vocales, de ces peuples qui appartiennent à la même histoire humaine et qui sont les derniers témoins d’un passé millénaire où l’homme savait côtoyer la nature.

 



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8 Juin 2013 : 16H

Musée batha