Hussein Al Adhami (Irak)
CHANTS ET POESIES MYSTIQUES IRAKIENNES

Hussein Al Adhami
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C'est d'un mélange complexe
d'apports sémitiques, turcs, persans et kurdes qu'est née
l'école de musique de Bagdad, particulièrement célèbre
dans le monde arabo-musulman. Connu sous le nom de Maqâm
Al Iraqi ( mode d'Iraq ), elle a développé des formes
savantes séparant peu le profane du sacré, et a
influencé nombres de musiques religieuses du Bassin Mésopotamien,
transposant alors le répertoire dans le lexique mystique
pour les besoins de la cause. Le but de cette musique est l'obtention
du " Tarab ", cet émoi musical qui transporte
le chanteur et l'auditeur, et porte l'âme vers l'harmonie
(insijam) et l'extase.
Issu de la racine trilitère QWM, dont sont dérivés
nombre de vocables, substantifs et verbes aux sens variés,
(se lever, s'arrêter, demeurer, éternel,
) le
mot " Maqâm ", d'abord utilisé pour signifier
le séjour, puis la dignité et le rang et aussi l'emplacement
sacré prophétique (le Maqâm d'Ibrahim à
La Mecque), a été transposé plus tard pour
nommer un genre littéraire érudit, avant de passer
dans le vocabulaire musical vers le 12ème siècle,
où il désigne une échelle musicale, un mode
et par extension le système des modes dans leur ensemble.
En cela le système du Maqâm n'est pas sans rapport
avec le système du Radif persan ou du Raga hindou.
La beauté du style du Maqâm Iraqi, d'un raffinement
très ancien, renvoie l'auditeur vers l'âge d'or des
empires ommeyades et abbasides. Parmi les noms les plus illustres
de compositeurs et de musiciens figurent d'ailleurs, à
côté de maîtres musulmans, des artistes juifs
et chrétiens.
L'ensemble traditionnel (Tshalghi Baghdadi) comprend le plus souvent
un qanoun (cithare à cordes pincées), une joza (vièle
à pique), des percussions et, depuis quelques décennies,
un oud (luth). L'orchestre, qui alterne parties instrumentales
et chantées, demeure largement au service du chanteur,
qui en est l'élément principal.
Le répertoire poétique chanté en arabe classique
est distinct du répertoire arabo-andalou chanté
au Maghreb. Le livre des Chants d'Abu al Faraj Al Isfahani est
l'un des recueils où sont puisés les poèmes
de ce répertoire, où se côtoient des auteurs
mystiques tels que Ibn Farid, Attar, Hafiz ou Omar Khayyâm.
Hussein Al Adhami est né à Bagdad en 1952, dans
une famille de musiciens. Après avoir été
un temps fonctionnaire de police, il débute en 1973 une
carrière de chanteur et d'hymnode, intégrant le
Groupe du Patrimoine Musical fondé par le regretté
maître du luth iraqien Mounir Bachir. En 1974, il devient
membre soliste de la Radio TV irakienne.
Il possède, comme beaucoup de chanteurs de Maqâm,
une double formation musicale, profane et sacrée. Instruit
à l'art de la cantillation du Coran (Tajwid) et des différentes
formes d'appel à la prière (Al Azan), il dirige
un ensemble de musique sacrée qui officiait à la
Grande Mosquée Al Azhamiya de Bagdad.
Hussein al Adhami, déjà venu au Festival de Fès
en 1998, est l'un des plus éminents chanteurs de son pays
et a donné de très nombreux concerts internationaux
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