Les Derviches tourneurs de Konya (Turquie)

MUSIQUES ET CHANTS DE LA CONFRERIE SOUFIE MEVLEVI

 


Derviches de Konya

Dans l'histoire du monde musulman, les confréries religieuses occupent une place et une fonction très importantes. Ainsi existent, depuis l'aube de l'Islam, des communautés de fidèles, fortement implantées dans le tissu social, qui suivent l'autorité et le rayonnement d'un maître spirituel (Cheikh).

Ces communautés, le plus souvent relié au Soufisme (Tassawuf, la branche mystique de l'Islam), se retrouvent tout au long de l'histoire de l'Islam et dans toute son aire d'expansion géographique, du Maghreb à l'Extrême-Orient.

Elles dépendent de plusieurs lignées, regroupées autour du legs du maître fondateur : Tariqa Qadiriya du nom de son fondateur Abdel Qader Jilani, Shadiliya, fondée par Abul Hassan Shadili, Naqshbandiya de Bahauddin Naqshband, Shishtiya de Mohinuddin Shishty dans le sous-continent indien., ou Boutchishiya au Maroc.

Chacune de ces confréries, placées sous la guidance et l'autorité spirituelle du fondateur et de ses disciples, suit, dans le strict respect de l'orthodoxie générale de l'Islam, un certains nombres de rites et de pratiques qui lui est propre, mais qui se regroupent souvent sous des formes génériques communes : Dhikr (litanies/invocations), Sama' (chants spirituels), Moussem (commémorations publiques et populaires, liées aux calendriers de naissance ou de décès du fondateur).

Parmi ces nombreuses confréries, celle des Derviches Tourneurs, qui sont membres de la confrérie des Mevlevis, est l'une des plus connues. Djalaleddinn Rumi, le fondateur de l'ordre, naquit en 1207 à Balkh, ville située aujourd'hui en Afghanistan. Mystique, poète, penseur, Rumi, auteur du Mesnevi, imposant recueil de milliers de vers, célèbre dans tout le monde arabo-musulman, est connu sous le nom de Mevlana (le Maître), d'où dérive par assonance le nom de la confrérie.

Profondément assoiffé de quête spirituelle, montrant dès son jeune age d'étonnantes prédispositions mystiques, Djallaledin Rumi deviendra le maître spirituel de son temps.

C'est à Konya, en Turquie, l'antique Iconium des Romains, qu'il s'éteint en 1273. Autour de lui s'étaient déjà rassemblés nombres de disciples, attirés par la beauté et la profondeur de son enseignement.
La ferveur mystique qui l'animait était telle que l'on raconte qu'un jour, tandis qu'il se promenait dans le bazar de Konya, il entendit, passant par le souk des bijoutiers, la sonorité cristalline du marteau de l'orfèvre ciselant l'or. À ces sonorités célestes, son âme " s'envola " et il se mit à tourner sur lui-même dans une danse extatique, au sein de la foule médusée.

Il est dit que c'est de cet événement que naquit la célèbre danse des Derviches Tourneurs.
Codifiée par le fils du maître, Sultan Valad, cette danse des Derviches (du persan Darwish : " Pauvres en Dieu ") correspond à une extase, dans laquelle le disciple s'identifie à la ronde des planètes tournant autour du soleil, symbole du rayonnement divin.

Accompagnée par des instruments de musique codifiées, au nombre desquels le Ney (flûte de roseau) et le Daf (tambour sur cadre), la séance de Sama' Mevlevi (audition mystique et danse rituelle) est dirigée par un maître qui ordonnance tout le cérémonial.

Après une prière au Prophète Mohammed, le Nat, les derviches saluent le Cheikh puis se saluent entre eux. Après ces salutations, la danse rituelle commence et se conclura par des salutations au Cheikh, des prières et des invocations, puis par une lecture de certains versets du Coran.

Fortement imprégnée par la présence de cette grande figure spirituelle qu'est Djallaledin Rumi, la ville de Konya abrite son mausolée ainsi que celui de son père Bahaudin Valad et de son fils Sultan Valad.

Un Festival annuel y est organisé par le Ministère de la culture de Turquie pour commémorer la mémoire du maître.
Il se clôt traditionnellement par une représentation de Sama', donnée par l'Ensemble des Derviches de Konya.
Cette troupe, qui représente l'un des aspects les plus envoûtants de la culture mystique de la Turquie et de l'Islam, se produit dans le monde entier.

Le programme de cette soirée sera divisé en deux parties : une première qui sera consacrée au cérémonial et au rituel du Sama' proprement dit, et une seconde, plus musicale, où seront abordés des répertoires qui, s'ils sont toujours imprégnés de profondeur et de spiritualité, se placent en dehors du cadre rituel pur.

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