Festival dans la ville
Nuits Soufies
Du 29 mai au 5 juin 2004
Le Soufisme
Le soufisme, dimension intérieure de l'Islam, se présente
comme étant la " voie du cur ". Dans ce
contexte, le " cur " désigne cette faculté
décrite comme n'étant ni de la rationalité,
ni de la sentimentalité, et qui permet à l'homme
de percevoir la vibration de la Présence Divine au sein
même du monde, au cur de la vie.
Pour s'y attacher dans une contemplation permanente, ce mouvement
s'est organisé en confréries (turuq, les "
voies ", sing.: tariqa) qui développent leurs propres
méthodes d'initiation. Pratiques et symbolismes, fondés
sur l'Islam et le Coran, qui doivent permettre d'atteindre et
de purifier le "cur".
Parmi ceux des rites effectués en groupes, on trouve souvent
des litanies récitées ou silencieuses, des méditations
intellectuelles, des chants, de la musique, de la danse, et parfois
l'extase qui s'exprime par la hadra (présence).
Programme
Samedi 29 mai 2004 - 23h00
- Tariqa Ouazzania - Groupe Addakirines (Ouazzane
- Rabat)
Dimanche 30 mai 2004 - 23h00
Lundi 31 mai 2004 - 23h00
- Tariqa Aïssaouia - sélection des M'Kaddemines
(Fès)
Mardi 1er juin 2004 - 23h00
- Tariqa Ktania - Saad Temsamani (Tanger)
Mercredi 2 juin 2004 - 23h00
- Tariqa Haraquia - Groupe Fakirates (Tétouan)
Jeudi 3 Juin 2004 - 23h00
- La Khamrya Saqallya (Fès)
Vendredi 4 Juin 2004 - 23h00
Samedi 5 Juin 2004 - 23h00
- Goubbahi des Debbaghas (Corporation des tanneurs) (Fès)
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Biographies des Tariqas
Tariqa Jilalia (Fès)
La Tarika Jilalia est une voie spirituelle très répondue
dans le monde musulman. Elle fut fondée au 12ème
siècle par le grand saint Moulay Abdelkhader Jilani en
Irak. Il est considéré parmi les éminents
théologiens et grands maîtres du soufisme. Les centres
se rattachant à son école se propagèrent
partout, surtout en occident musulman. La voie Jilalia, dite aussi
Kadiria, donne une importance à l'épanouissement
spirituel de l'être à travers la pratique du dikr,
du samâa et de la recherche continue de la noblesse du comportement.
Les groupes de la Tarika utilisent des instruments musicaux dans
les séances de samâa, tels le bendir, la Qasba, et
le tbel. Le groupe qui animera allaia (la soirée), est
composé du Moqaddem Abdelkhader Mouiha, les artistes Mohamed
Kassab, Abderrahim Marrakchi, Daoudi Kacem Benjelloun, et Messari
Idriss. Ce sera une belle veillée jalonnée de kassidas
La Khamria Sqalliya (Fès)
Les chorfas Sqalli de Fès sont les descendants du vénéré
saint Moulay Ahmed Sqalli. La zaouia Moulay Ahmed Skali a été
fondée au 17e siècle. C'est aujourd'hui encore un
lieu où l'on pratique d'une façon régulière
le dhiker et le samaâ. Ces séances donnent souvent
lieu à des danses extatiques appelées ivresse spirituelle
ou Khamria.
Tariqa Aïssawas - sélection des M'Kaddemines (Fès)
La confrérie religieuse des Aïssawas, descendant
du Sheikh Mohamed Ben Aïssa, disparu en 1526 à Meknès,
tire ses origines de la tradition soufie. A sa mort, ses disciples
ont continué l'éducation des mouridins (volontaires)
dont la principale activité consistait à lire et
réciter le Coran et psalmodier des hymnes à la gloire
du Prophète Mohamed. Les musiques et les chants des Aïssawas,
pratiquées avec des percussions, de grandes trompes et
des voix, divisées en solistes et churs, sont réputées
pour leurs vertus thérapeutiques et leur aptitude à
provoquer des effets de transes spectaculaires chez les participants.
La saison de la célébration du culte du sheikh fondateur,
qui a lieu tous les ans à l'occasion de la fête du
mouloud, est un grand moment où se réunissent tous
les membres de la confrérie, venus de tout le Maroc. Sous
l'influence du malhoun et de la musique arabo-andalouse, la musique
des Aïssawas de Fès est plus raffinée que celle
de ses autres branches confrériques marocaines.
Tariqa Kettania - Saad Temsamani (Tanger)
Baignant depuis son enfance dans le vaste patrimoine de chants
et de musiques des confréries soufies, Saâd Temsamani
est dépositaire d'un savoir spécifique au Maroc.
Petit-fils du sheikh Mohamed Temsamani de Tanger, il s'initie
au sein de la zaouïa Kettania aux chants soufis et complète
ensuite son apprentissage par l'étude de la musique andalouse.
Sous sa direction, l'ensemble de la confrérie Kettania
présentera un florilège de chants traditionnels
spirituels de la tradition soufie telle qu'elle se perpétue
dans les zaouïa marocaines.
Tariqa Harraquia - Groupe de femmes Faqirates (Tétouan)
Fondée il y a près de deux siècles, par
le Saint Sidi Mohamed El Harraq de Tétouan, élève
du saint Moulay Larbi Darkkaoui, elle est dirigée actuellement
par le Saint Sidi El Ghali Harraq petit fils du sheikh. La zaouïa
regroupe chaque vendredi des récitants, musiciens pour
des chants religieux et des hadra (danses). Ces séances
peuvent parfois comprendre des échanges intellectuels autour
des textes coraniques et soufis. C'est l'une des rares confréries
au Maghreb où l'on associe l'utilisation des instruments
mélodiques au rituel du sama'a (concert spirituel).
Tariqa Ouazzania - Groupe Addakirines (Ouazzane - Rabat)
Il est rapporté que le grand théologien Mohyidin
Annawawi Achafiyi (13-14e s.), venant de l'Orient, fonda une zaouïa
dans le désert algérien qu'il nomma zaouïa
Touat. Les disciples s'y réunissaient pour les prières,
le samaa et une récitation sacrée dite Hizb Touat.
Puis fût fondée une autre zaouïa, au Maroc,
dans la tribu Tazarine. Par la suite, la tradition des chorfas
de Ouazzane, avec Moulay Abdellah Cherif (17e s.) et ses descendants,
perpétua la lecture du Hizb Touat et du samaa. Plusieurs
autres zaouïa apparurent dans les grandes villes, dont cinq
à Fès.
Tariqa Hamdouchia (Fès)
La confrérie des Hmadcha se rattache au Saint Ali Ben
Hamdouch, qui vécut au 17ème siècle, sous
le règne du souverain marocain Moulay Ismaïl, contemporain
de Louis XIV. La lila (soirée) débute avec l'entrée
traditionnelle avec les étendards de la confrérie,
accompagnés d'incantations et de louanges au Prophète.
Puis sont entonnés des qasida (poèmes). Les chants
et les danses s'amplifient et atteignent leur paroxysme, pour
reprendre à nouveau par de nouvelles invocations et incantations.
Goubbahi des Debbaghas accompagné de l'Orchestre Soussi
du Malhoun de Fès
L'ensemble des Debbagha, à l'origine une corporation des
tanneurs, utilise un répertoire de chants et de rythmes
appelé goubbahi qui se rattache au style du malhoun, très
connu au Maroc. Al malhoun est la forme la plus élaborée
de versification en arabe dialectal marocain. Les origines de
ce vaste corpus de poèmes, oscillant entre style populaire
et savant, conservé à travers des traditions de
chants et de manuscrits, remontent au XIIème siècle,
à la région de Tafilalet, au sud du Maroc. C'est
à des chanteurs ambulants, appréciés pour
leurs panégyriques et récitations des histoires
coraniques, agrémentés des multiples rajouts de
l'imaginaire populaire, que sont liées les traces les plus
anciennes du malhoun, apparu sous la dynastie des Almohades. Avec
l'intérêt des érudits citadins et des lettrés,
le malhoun incorporera plus tard les apports de la poésie
classique et du zajal andalou. La qasida du malhoun traite des
divers thèmes de la vie sociale et religieuse et, dans
ce dernier registre particulièrement, exprime diverses
manifestations de la foi, à travers les invocations d'Allah
et les éloges du Prophète. Sous ces derniers aspects,
des liens solides et anciens sont conservés avec les confréries
religieuses, liens qui, bien souvent, se recoupent avec ceux tissés
entre les corporations.
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