Festival de Fès des musiques sacrées du monde

 

13ème édition, du 01 au 09 juin 2007

Présentation
Progamme 2007
Artistes

Accueil
Musiques sacrées
Rencontres de Fes
Festival dans la ville
Photothèque
Equipe du Festival
Sponsors-Partenaires
Réservation
Tarifs
Liens
Contact

Artistes

Nâdira Pirmakova

Ouzbékistan

Nadira Pirmatova est née en 1976 dans une famille mixte ouzbèke et tadjik de musiciens et religieux établie à Isfara (Tadjikistan). Elle apprit le chant classique avec son père, puis au Conservatoire de Tashkent. Dès l'âge de 18 ans elle remportait au Tadjikistan le second prix de chant de maqâm, puis elle eut la chance d'être remarquée par le maître Abdurahim Hamidov, qui prit en main sa formation.

En 2005, elle monte sur la scène du prestigieux concours international de chant du Festival de Samarkand, pour représenter son pays. Bousculant les usages académiques, elle renonce à se faire accompagner par un orchestre et chante deux airs, l'un a capella, et l'autre en s'accompagnant elle-même au dutôr, renouant avec une tradition de menestrelles classiques qui s'était perdue depuis longtemps. Le jury international, subjugué, lui accorde le premier prix, celui qui quelques années auparavant avait été décerné à Monajat Yulchieva et Alim Qasimov.

On dit que l'art raffiné du Shash-maqâm ne se maîtrise —et même ne s'apprécie— qu'à l'âge mûr. Nadira montre qu'il existe des exceptions car depuis sa tendre enfance elle savait qu'elle serait une maqâmchi, une chanteuse de maqâm. Nadira n'avait que vingt-cinq ans lorsqu'elle a enregistré pour la Maison des Cultures du Monde les parties les plus difficiles du Maqâm Dogâh. Elle a chanté la partie introductive – qui dure plus de vingt minutes – d'un seul souffle, sans reprise, sans la moindre défaillance, effaçant les traces de plusieurs chanteuses bien connues, sollicitées avant elle, qui avaient échoué à cette épreuve.

La voie exigeante qu'elle a choisie ne l'a cependant pas détournée des genres plus faciles dits « classique » (khalqi klassiki) « populaire » (khalqi), ainsi que des chansons (qoshiq), et des traditions « populaires professionnelles » comme celle des femmes de Boukhara (sâzanda). À noter aussi qu'elle est une des rares vocalistes actuelles à chanter aussi bien en persan-tadjik qu'en ouzbek, ses deux langues natales.

Nadira Pirmatova représente avec autant de brio que de profondeur l'essence de sa tradition en y apportant une contribution unique : celle de la voix féminine sous sa forme la plus sublime et la plus touchante. Elle sera accompagnée par le grand joueur de tanbur (luth) Shurat Nabiev.

Jean During