Du 3 au 25 Juin
Vernissage le samedi 4 juin à 17h00
Fès, ville
d’art et de culture, souffre
paradoxalement d’un manque d’infrastructurs
d’accueil et particulièrement
d’institutions destinées
à promouvoir l’art dans
ses formes contemporaines. Cette ville
de création gagnerait à
se doter de lieux de promotion aussi
bien de sa propre production artistique
que de ce qui vient d’ailleurs,
favorisant ainsi le croisement des
arts.
Pour cela, l’Association
Fès-Saïss a réhabilité
une aile de son siège, Dar
Tazi, pour la consacrer à l’art
et à l’animation culturelle.
Cet espace sera la première
galerie d’art de la ville et
portera le nom de « Galerie
Fès-Saïss ». Sauvegarder
une partie de cet exceptionnel ensemble
architectural, lui donner une nouvelle
vocation n’est pas seulement
un acte pour contribuer à enrichir
notre patrimoine d’un lieu de
mémoire mais c’est également
participer à cet élan
de mécénat qui donne
aujourd’hui un nouveau visage
à l’art et à la
culture dans notre pays. Expositions,
séminaires, rencontres, débats
y seront organisés tout au
long de l’année. Artistes
plasticiens, photographes, architectes,
designers, peuvent y exposer leurs
recherches. Séminaires, rencontres,
débats y seront organisés.
La Galerie Fès-Saïss
sera inaugurée par une exposition
collective regroupant Fouad Bellamine,
Mustapha Boujemaoui, Hassan Slaoui
et Abderrahim Yamou.
Fouad Bellamine

(…)
Les tableaux de Fouad Bellamine se
donnent à aimer par effraction
ou par surprise…pour la peinture,
pour la quête de la lumière
énoncée dans le tableau,
au propre et/ou au figuré.
Il s’agit d’une attitude,
d’un engagement d’artiste
donné comme tel par Fouad Bellamine
et qui fait de sa peinture le cœur
de l’énigme dont la solution
peut-être cachée dans
un détail, dans une couleur,
dans ce qui fait la lumière
de l’œuvre… dans
ce que seule l’observation autorise.(…)
Mustapha Boujemaoui
Depuis les années 1980
Mustapha Boujemaoui explore l’univers
des objets spécifiques (usuels
ou sentimentaux) à l’environnement
culturel pour les intégrer
à son projet esthétique
(les objets deviennent philosophiques).
C’est en 1986 que l’artiste
commence une première typologie
du verre sur fond d’anciennes
peintures (les jardins imaginaires).
Le public de Rabat pouvait découvrir
dès 1992 la série des
verres. En 1993, il explore le thé
comme matière picturale et
comme sujet en même temps. Le
picto-verre est de plus en plus noyé
dans le picto-thé. L’artiste
nous emmène dans un univers
où l’on distingue plus
le verre du thé ni le thé
de l’artiste…
Hassan Slaoui

Le travail de Hassan Slaoui
tend d’attester d’un moment
fugitif de l’éternité.
A travers sa quête de l’origine,
il s’intéresse au temps
qui s’incarne dans la matière,
matière sur la quelle il réinscris
le flux circonstanciel du temps, le
tracé d’un vécu.
Dans ses assemblages et altérations,
le matériau n’est pas
simple support, grâce à
son traitement, il véhicule
du sens et ainsi, constructions et
destructions se mêlent. Elles
ne s’opposent pas mais se fondent
dans la réalité de leur
intrication…
Abderrahim Yamou - « Envol des
graines »

Le long de mon travail sur
le végétal, il était
question d’exalter le vivant,
d’explorer les traces de lumière
qui transpercent à travers
les feuilles, de sonder l’énergie
nécessaire au tracé
de branches noueuses, de démêler
feuilles, boutures et branches devenues
entrelacs et arabesques par un long
chemin de stylisation.
Le travail actuel
s’intéresse aux graines
comme prémices des plantes
futures, comme des particules rondes
en chemin vers l’humus originel,
comme formes flottantes qui restructurent
l’espace en introduisant une
dimension aérienne. Les graines
en vol sont suspendues au-dessus d’un
espace qui oscille entre le plein
et l’aride, entre le foisonnement
et l’attente. Ces semences flottantes
déstructurent l’existant
et réinstallent le tableau
dans un espace plastique fécondé,
hybride.