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de Fès » Colloque
2004
Compte
rendu du
31 mai :
Les économies solidaires
A
l’issue des
tables rondes d’hier, de solides
principes d’action et une myriade
de symboles se sont dégagés.
Certaines voix, empreintes d’un
optimisme prononcé et dynamique,
ont affirmé que le social peut être
mêlé à l’économique,
et qu’un autre monde est possible.
Dans cette optique, le cœur de
la question était d’identifier
les éléments nécessaires
pour engendrer la volonté d’agir,
partant de la ferme conviction que « si
on le veut, on le peut ». Mais
une fois encore, ce défi lancé à la
volonté apparaissait comme la
difficulté majeure à laquelle
nous devions faire face. La vigueur
des traditions redécouvertes
ou renforcées – la force
constructive de la culture, de la diversité culturelle
et de l’esprit – a elle
aussi alimenté les accents d’optimisme.
A maintes occasions, l’arbre
majestueux dont le feuillage abrite
nos tables rondes chaque jour, a revêtu
une signification particulière
sous le soleil des métaphores
lorsque son histoire a été contée,
l’histoire d’une mort quasi
certaine boutée par un rétablissement
plein de détermination. Il illustre
la réalité et la force
des interconnexions : le lien étroit
qui lie racines, feuilles et tronc
permet de nous abriter comme d’être
le refuge de ces oiseaux dont nous
entendons le chant.
Quelques
notes amères se sont
néanmoins fait entendre : des
avertissements ont été lancés
et certains exemples des dangers et
de l’injustice qui nous entourent
ont été soulignés,
tout comme la fragilité des
réalisations les plus formidables
et, plus important encore, les fossés
gigantesques qui caractérisent
notre monde. Si nombre d’individus
jouissent d’un développement
florissant, bien plus encore ont été abandonnés
sur le chemin de la prospérité et
bien des créations de la nature
ont été détruites.
Les menaces que représentent
la violence et la colère n’ont
jamais bien quitté les esprits
lors de nos discussions, et l’obésité a été brandie
comme emblème des maux et menaces
de notre temps, le produit d’une
consommation excessive irraisonnée
et d’une avidité égoïste.
Un
sentiment d’incertitude envers
l’avenir était partagé par
la plupart – une préoccupation
guidée par le bon sens concernant
la direction dans laquelle nous nous
dirigeons.
Les
tables rondes qui se sont tenues
hier se sont parfaitement inscrites
dans la lignée de l’aventure
des Rencontres de Fès, poursuivant
sur la voie ouverte par les années
précédentes : continuité des
sujets abordés, présence
de participants venus poursuivre leur
dialogue et questions qui restent à ce
jour encore sans réponse.
Je
relève une difficulté à résumer
les discussions d’hier, ce qui
reflète un défi de plus
grande envergure encore, celui de la
communication interculturelle. Le débat était
axé autour du thème de
la « solidarité »,
une notion qui ne revêt pas du
tout le même sens en anglais
que l’acception française
qui sous-tendait le dialogue. Cette
dernière est claire pour toute
la communauté francophone, mais
en anglais, le terme doit faire l’objet
d’une étude plus attentive
afin d’apprécier sa signification
et la riche histoire qui régit
son utilisation. La journée
d’hier a fait apparaître
deux concepts principaux rattachés
au terme, d’une part l’importance
vitale de travailler en partageant
des intérêts communs et
d’autre part la faculté de
compassion humaine. Etonnamment, cette
vision se faisait l’écho
des efforts déployés
la veille afin de relier le concept
de spiritualité aux questions
plus prosaïques abordée
lors de la journée.
Les
débats de la journée
se sont répartis en trois volets.
Le premier était consacré aux
questions d’ordre général
autour du thème des économies
solidaires. Le deuxième, plus
spécifique, s’est concentré sur
la manière de créer ces
liens de solidarité, ce sens
de devoir commun au quotidien ? Si
certaines idées sont venues
nous illuminer sur les croisements
et les liens entre les deux, elles
se sont faites trop rares, la vue d’ensemble
restant très loin du travail
des individus agissant à un
niveau plus concret. Le troisième
volet de la journée a une fois
encore été consacré à un
atelier informel visant à examiner
de manière plus approfondie
les questions soulevées.
Le
premier volet a donné libre
cours à la présentation
de plusieurs brillantes vues d’ensembles.
C’est une chance rare que d’entendre,
de comprendre, et, puisque nous sommes à Fès,
de ressentir la force de la diversité des
points de vue sur les événements économiques
observés à l’échelle
mondiale, de voir lorsque ces visions
s’accordent et lorsqu’elles
s’opposent. Cette table ronde
nous permet de dégager une image
claire des défis auxquels nous
sommes confrontés à l’échelle
mondiale mais aussi de comprendre le
pourquoi et le comment de la difficulté persistante à aboutir à un
diagnostic commun des événements,
des mesures à prendre. En effet,
des remarques bien souvent très
similaires laissaient apparaître
des approches sensiblement divergentes
et menaient à des conclusions
bien différentes au fur et à mesure
que chacun s’approchait de la
tâche qui les attendait, tels
les aveugles désirant connaître
la forme de l’éléphant.
Olara
Ottunu a demandé la parole
en toute fin de session, mais nous
a exposé le défi central.
Selon lui, nous avons rompu notre engagement
envers les jeunes générations.
Il a étayé son affirmation
en citant plusieurs exemples : manque
d’emplois, enseignement peu inadapté,
violence envers les enfants, et notamment
les filles. Mais plus important encore
selon lui, de nombreux jeunes ont perdu
espoir. L’espoir s’oppose à l’isolement
et à la colère, tout
en constituant une barrière
contre ces derniers. Jean-Louis Sarbib
s’est également intéressé de
près à la question des
enfants, et notamment le nombre stupéfiant
de souffrances qu’ils endurent
et de besoins qui ne sont pas satisfaits à travers
la plus grande partie du globe. Enfin,
Vandana Shiva a souligné que
ce défi central que représentent
les jeunes générations
ne pourra et ne sera pas traité sans
que les femmes soient entièrement
impliquées dans chaque effort
et dans chaque solution.
Ce
volet, dans son ensemble, a dépeint
un monde nettement divisé entre
ceux qui disposent des richesses et
ceux qui n’ont rien, un monde
de contrastes dans lequel un trop grand
nombre reste au ban de la prospérité Il
a traduit un sentiment d’incertitude
envers l’orientation que nous
prenons. Il s’est axé sur
quelques questions importantes autant
que difficiles : quel est le rôle
de la richesse ? Comme est-elle mesurée
? Que signifie cette mesure ? Quel
est le rôle de la croissance – un élément
de la vie évident et central
ainsi qu’une priorité absolue
pour certains, et le signe de difficultés
fondamentales pour d’autres.
Il nous a été vivement
rappelé que la richesse peut
engendrer des bienfaits de taille – qu’elle
implique la créativité et
nous donne la possibilité à la
fois de changer et de construire le
capital humain et de faire et voir
ce que nous aimons et apprécions.
Mais la richesse a également été dépeinte
sous les traits d’un monstre étouffant
l’énergie spirituelle
et semant la discorde.
Certains
ont soutenu que nous pouvons espérer nous être défaits
des stéréotypes stériles
et des débats tendus qui ont
marqué le passé. Quatre
de ces visions obsolètes ont été citées.
Tout d’abord, l’idée
implicite que la richesse vient de
la réussite dans un environnement
concurrentiel dans lequel les perdants
méritent en grande partie leur
sort. Inversement, une autre vision
des choses considérait ceux
qui ne réussissaient pas à s’attirer
de richesse comme des victimes d’un
système injuste. Troisièmement,
le « Consensus de Washington » a été décrit
comme un concept mythique appartenant
au passé lointain. Aujourd’hui,
nous pouvons nous employer à suivre
une approche commune, ou du moins compatible,
pour traiter de la richesse et de ses
incidences. Enfin, peut-être
pouvons nous dire « non » à la
fois à Davos, dans la mesure
où ce sommet symbolise le pouvoir
dirigeant exercé par une riche élite,
tout en nous montrant sceptiques sur
l’expérience de Porto
Alegre – qui mêle le rouge
d’une ère communiste persistante
et le vert d’un discours et d’une
orientation résolument environnementaux.
Les questions sont bien trop complexes
pour être catégorisées
de la sorte. Il nous faut maintenant
impérativement adopter un état
d’esprit nouveau et plus respectueux.
La
célèbre métaphore
du chameau, un cheval conçu
par un comité, est restée
présente aux esprits tout au
long de cette journée, non sans
rappeler l’image symbolique utilisée
par Bertrand Collomb en 2003 pour illustrer
le marché économique,
le comparant à un cheval puissant
mais devant à la fois être
dressé et guidé. Nous
ne sommes en effet peut-être
pas en présence d’un cheval
mais bien d’un chameau, un animal
peu esthétique, plutôt
lent et pataud, mais un animal capable
tout de même de nous mener sur
le chemin semé d’embûches
qui s’étend devant nous.
Certains éléments tangibles
sont venus conforter ce sentiment de
progrès. L’un des participants
a indiqué que les sociétés
ne répondent plus au stéréotype
de la recherche de bénéfices
avant tout, mais se sentent véritablement
investies d’un devoir social.
Les efforts menés par de nombreuses
entreprises, individuellement ou collectivement,
dans la lutte contre le VIH/SIDA, en
sont un exemple parlant. Les gouvernements
délaissent l’apathie et
la culture de la victime dans le cadre
d’initiatives telles que celles
du NEPAD, l’effort commun mené par
les gouvernements africains pour prendre
leur destin en main. L’investissement éthique
et le commerce équitable s’attirent
de plus en plus de faveurs dans bien
des parties du monde. Et la société civile,
selon certains, s’est détachée
des plaidoyers et contestations farouches
pour intégrer d’importantes
notions de participation et reconnaître
des intérêts et buts communs
sur de nombreux fronts. Mais malgré tout,
ce chameau naissant qui devrait permettre
de gérer les forces mondiales
de l’économie de marché n’est
encore qu’une bête laide
et désordonnée qui est,
nous en convenons, encore loin d’être
idéale.
Les
questions évoquées
ont été très variées – elles
figurent sur la liste des priorités
des leaders mondiaux contemporains,
rappelant à plusieurs reprises
combien ces questions qui nous font
face sont nombreuses et interconnectées.
La dette internationale, la privatisation
de l’eau, l’environnement,
la technologie agricole, les prix à la
production, le rôle des femmes,
les politiques commerciales, l’émigration,
et bien d’autres sujets encore
ont été étudiés.
Un thème a résonné sans
cesse : l’éducation, l’éducation,
l’éducation. Alors qu’un
scepticisme contenu régnait
concernant l’éducation
comme vecteur primordial de l’action
et du changement – car c’est
un domaine si large, si vaste, peut-être
même diffus et dont les retombées
ne se jugent qu’à long
terme – et que tous reconnaissaient
qu’il n’est vraiment pas
simple de parvenir à des objectifs
en la matière, le débat
n’a eu de cesse de retourner
vers l’idée que l’éducation
constitue l’une des principales
fondations du monde de demain. Enfin,
l’importance du processus politique
visant à transformer les idéaux
en action a été soulignée à plusieurs
reprises, en réponse aux discussions
du premier jour sur la démocratie.
Les anomalies des systèmes existants
ont été longuement examinées,
avec pour symbole l’arrestation
de femmes en Inde qui avaient serré des
arbres dans leurs bras.
Un
défi persistant commenté par
ce panel a été l’affirmation
selon laquelle nous ne pouvons vivre
avec des vues divergentes. Il est clair
toutefois que des divergences existent
entre les différents points
de vue présentés au cours
de cette table ronde. Restait à savoir
si, après les quatre années
où ont coexisté ces antagonismes,
nous avons atteint un point où nous
pouvons confronter les contradictions
et les explorer. Par exemple, les tensions
soulevées par les problèmes
de la privatisation de l’eau,
du rôle de l’État,
de l’attitude face à la
corruption, de l’orientation
de l’agriculture (moderne ou
traditionnelle), du rôle des
droits de la propriété intellectuelle
sont des sujets où les divergences
au sein de ce panel sont très
marquées et tangibles. Sommes-nous
prêts à les explorer ?
Le
second panel a dû relever
un défi très différent,
et sa composition reflétait
les efforts mis en œuvre pour
rassembler un groupe impressionnant
de personnalités ayant atteint
des objectifs remarquables, en différents
endroits de monde, et face à différents
problèmes. Chacun des membres
a témoigné de ses méthodes
de travail passées et présentes
visant à contribuer au changement
dans sa communauté ou son pays.
Les sept intervenants ont donné un
bref aperçu de leur parcours,
de ce qui avait inspiré leur
action, des défis auxquels ils
ont fait face mais surtout des obstacles
qu’ils avaient dû surpasser
et de leurs espoirs pour l’avenir.
Ces récits nous ont inspirés
et ont insufflé un nouvel espoir.
Une question est également restée
sans réponse : tant de choses
sont possibles, les exemples d’actions
sont tellement concrets, et pourtant,
au niveau de la communauté mondiale,
nous éprouvons toutes les difficultés
du monde à transposer cette
expérience à une échelle
supérieure pouvant répondre
aux défis d’une autre
dimension et plus planétaires
auxquels nous devons faire face. Pourquoi
?
Le
groupe a exposé des symboles
puissants, récits ou objets
concrets, le plus mémorable étant
sûrement le visage agonisant
d’une femme dans la douleur.
Le rôle des femmes, leur force
et les défis qu’elles
doivent affronter, mais aussi le pouvoir
qu’elles ont de changer les choses
ainsi que leur détermination
et leur courage, ont constitué les
thèmes communs les plus développés
lors de cette table ronde. La souffrance
de nombreuses femmes a été évoquée,
avec un appel vibrant pour la compréhension,
l’humilité et la détermination à aller
de l’avant.
Le
parcours a commencé par
le témoignage du maire de Strasbourg,
exposant les problèmes que la
ville doit affronter, des grands thèmes
mondiaux aux problèmes plus
concrets du traitement écologique
des déchets. Ensuite, la parole
est passée à Amina Laraki
qui a témoigné de son
histoire très personnelle et
saisissante d’une vie bouleversée
par un accident, d’un esprit
humain face à l’adversité,
soutenu dans sa mission par le courage
et l’alliance des ressources
spirituelles avec la volonté d’agir.
Amina Laraki est devenue l’un
des fervents défenseurs des
handicapés, remettant en cause
les politiques à tous les niveaux
afin de faire changer les choses. De
même, Mona Chasserio a apporté le
puissant témoignage d’une
vie transformée et consacrée
aux femmes bannies de la société.
Son récit a souligné à la
fois l’urgence et la gravité des
problèmes de ces femmes dans
de nombreuses sociétés,
et les qualités et moyens nécessaires
pour leur venir en aide – consacrer
beaucoup de temps, s’investir
personnellement et montrer un profond
respect pour les personnes avec lesquelles
nous travaillons. Mohammed Mjid nous
a transmis des messages poignants,
en lançant notamment un avertissement
aux hommes de foi pour qu’ils
reprennent contact avec la réalité.
Marie
de Hennezel nous a fait partager
son parcours, s’occupant des
personnes au crépuscule de leur
vie et de la construction de nouvelles
infrastructures à leur intention
. Son témoignage émouvant
sur la solitude accompagnant la fin
de la vie s’est conclu par un
commentaire et un défi : la
façon dont les sociétés
traitent leurs citoyens dans leurs
dernières années reflète
plus que tout les véritables
valeurs de ces sociétés.
Jonathan Rose nous a expliqué que
l’économie et les principes
sociaux et leurs incidences pouvaient
effectivement coexister, une réalité selon
sa propre expérience : les disciplines
de l’économie permettent
l’action sociale si un lien conscient
et solide existe entre les principes
et l’action. Hassan Zaoul, lors
de son témoignage sur l’importance
vitale de l’économie parallèle
et sur sa vision d’une économie
solidaire, nous a apporté d’excellents
adages sous la forme de symboles et
de métaphores : un ancien proverbe
dit « qui calcule reste seul »,
et nous ne devons pas oublier que,
selon la pensée d’un sage
africain, le véritable pauvre
est l’homme qui reste seul.
En
résumé, nous devons
trouver les moyens de nouer, d’établir
des connexions, et de pousser avec
force ceux qui détiennent le
pouvoir à agir et se tourner
vers une meilleure orientation.
Chaque
panel a conclu par une série
de questions soulevées lors
des présentations – de
la part de chaque intervenant dans
un premier temps, puis par le public
ensuite. Les questions se sont tournées
vers l’énigme soulevée
par les contradictions évidentes
entre les diverses histoires et présentations
et vers les suggestions pour les actions
futures.
Pour
finir, quelques mots très
brefs sur l’atelier. De nombreux
témoignages ont été entendu
sur les actions inspirées par
les précédents colloques
ainsi que sur les résultats
concrets et projets, au Maroc surtout,
auxquels les Rencontres de Fès
ont donné naissance. Nous avons
traité de nombreuses questions
autour de la richesse, abordant les
sujets fondamentaux de la croissance
et de l’équité.
La croissance suscite des visions très
contrastées ; d’une part,
celle d’une croissance économique
qui, somme toute, construit la société future
et apporte les ressources permettant
de sortir les individus de la pauvreté,
et d’autre part, une vision maligne
d’une croissance qui se développe
telle une tumeur cancéreuse
si elle est n’est pas contrôlée.
Ainsi, lors d’une même
rencontre, la croissance et ses défis
ne révèlent pas une mais
plusieurs façons de voir les
choses.
Les
participants ont également évoqué le
thème de l’éducation,
et le dilemme de savoir si l’on
doit se concentrer sur l’éducation élémentaire
ou plutôt profiter des réseaux
technologiques pour mettre en place
des salles de classe virtuelles à travers
le monde. On a également débattu
du rôle des institutions internationales,
en leur préconisant d’aller
toujours plus loin vers l’ouverture,
de se tourner vers les exclus et vers
ceux pour qui l’ordre international
n’est qu’injustice. Dans
le même temps, nous avions pleinement
conscience de l’importance du
fait que les membres de ces mêmes
institutions nous considèrent
comme des partenaires dans la construction
d’un monde meilleur.
Les
problèmes que nous soulevons
sont loin d’être abstraits.
Même lorsqu’ils sont évoqués à un
niveau d’abstraction élevé,
ils sont néanmoins intimement
liés à la politique et
au pouvoir. Si nous souhaitons voir
se réaliser les changements
que nous recommandons, nous devons
avoir conscience des forces de la politique
et des conflits inhérents à la
condition humaine afin d’agir
et d’avancer.
Merci.
Parmi
les intervenants : Mustapha Bakkoury,
Bertrand Collomb, Jean-Louis Sarbib,
Jean Staune, Olara Ottunu et Vandana
Shiva ont participé à la
première table ronde animée
par Katherine Marshall ; et Mona Chasserio,
Marie de Hennezel, Amina Laraki, Mohammed
Mjid, Jonathan Rose et Hassan Zaoual
participaient au second panel de discussion
animé par Katherine Marshall
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