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de Fès » Colloque
2004
Compte
rendu du
1er juin :
La culture de la paix au Proche et au Moyen-Orient (1 ère partie)
La
branche d’olivier, cet ancien
symbole de paix, fragile et enchanteur,
a inspiré la métaphore
de cette quatrième journée
du colloque. Nos discussions se sont
tournées vers un sujet plus
précis et plus prosaïque,
qui est également l’un
des problèmes les plus sérieux
et les plus douloureux de notre époque, à savoir
la situation au Proche-Orient. La branche
d’olivier fut aussi le symbole
d’un thème majeur traduisant
une tension prédominante :
sa relation avec l’humiliation,
laquelle a probablement représenté le
contrepoint le plus présent
de la journée. La branche nous
a rapprochés, à bien
des égards, du grand chêne
de Fès, ce puissant symbole
de notre esprit de dialogue et de partage,
mais également de nos réflexions
sur l’interconnexion et le pouvoir
de la spiritualité. Afin de
mieux souligner la mission et l’esprit
qui nous unissent, Mireille Mendès-France
a proposé la création
d’une association veillant à la
protection de cet arbre.
Deux
superbes préludes musicaux
ont donné le ton au colloque
de la précédente journée
tout en lui insufflant des notes d’inspiration.
La première représentation
fut celle du West East Divan Orchestra,
regroupant des artistes juifs, musulmans
et chrétiens ; la seconde
fut celle de Françoise Atlan,
qui par ses chansons aux airs lancinants
sait par des voies miraculeuses relier
le passé au présent au
travers de la diversité culturelle.
Les
débats ont été remarquables
et ont fortement impressionné chacun
d’entre nous. Arguments et réflexions
ont été présentés
et se sont succédé sans
craintes et avec une grande sincérité.
Un profond pessimisme s’est fait
ressentir, accompagné parfois
même de notes de colère
laissant deviner les vents maléfiques
qui continuent de souffler. Cependant,
de nombreuses touches d’optimisme
ont également accompagné les
discussions, soutenant par ailleurs
un véritable sens des missions à accomplir
dans divers domaines – culture,
droit international, défense
des droits, entreprenariat économique
et social, diplomatie et, peut-être
plus important encore, donner vie aux
principes démocratiques évoqués
tout au début de ce colloque,
tout en ménageant sensibilité et
réalité. Le sentiment
que « les douze coups de
minuit avaient sonné dans le
monde », et tout particulièrement
dans le monde arabe, a vraisemblablement été prédominant
lors de la journée, et nous
sommes tous impatients de découvrir
ce que l’aube apportera avec
elle. Nous avons clos les débats
de la veille emprunts de perplexité face à la
complexité et à l’ampleur
des problèmes, mais également
inspirés par l’espoir
et l’énergie éprouvés
lors de la journée.
L’urgence de la situation n’a
eu de cesse d’être mentionnée.
Minuit a sonné, il est temps
d’agir, s’est exclamé un
participant. De nombreuses allusions
ont été faites au commentaire
de Jean-Louis Sarbib selon lequel l’espoir
que l’on fait attendre entraîne
la douleur et parfois la colère.
Toutefois, certains ont observé avec
frustration qu’un fossé sépare
ce sens de l’urgence clairement
identifié et la pesante lenteur
de l’action, et ceci dans de
nombreux domaines.
Les
débats de la journées
se sont structurés en trois
volets : une présentation
d’André Azoulay a précédé deux
tables rondes, la première introduisant
le contexte et ses éléments,
et la seconde approfondissant le débat
sur les moyens d’actions actuels
et leur résultat et sur le chemin
qu’il reste à parcourir.
Mme Wade, épouse du Président
sénégalais a fait une
déclaration très personnelle
et chargée d’émotion.
Aucun atelier n’a eu lieu hier
après midi – il aura lieu
aujourd’hui.
André Azoulay a
apporté un
témoignage très personnel
et poignant sur le « combat
de sa vie » et sa vision
de la situation actuelle et du chemin
qui nous attend. Ce colloque représente
pour lui un outil doté d’un
immense potentiel pour faire sortir
de l’impasse les discussions
de paix au Proche-Orient. Il nous convie à renoncer
pour de bon à l’exclusion,
aux peurs ancestrales que nous pensions
avoir abandonnées au Moyen-Âge,
afin de construire un avenir meilleur
fondé sur les valeurs dont nous
avons hérité, communes
ou individuelles, et par dessus tout
sur une lecture neuve et une intime
compréhension de l’histoire.
Nous devons faire preuve de réalisme
et de lucidité dans notre réflexion
et dans notre discours si nous voulons
construire la paix.
Tout
au long de cette intervention, le
difficile équilibre entre
les efforts visant à oublier
le passé et ceux visant à se
souvenir est apparu comme la pierre
d’angle de toute réconciliation.
M. Azoulay a souligné l’aptitude
et les qualités remarquables
des Juifs marocains – aujourd’hui
plus d’un million, répartis à travers
le monde – à se souvenir
de leurs racines car leur passé regorge
d’expériences positives.
Cette attitude forme un contraste saisissant
avec l’expérience de bien
des Juifs qui cherchent à oublier
leur histoire devant les souvenirs
douloureux qu’elle évoque,
une amnésie collective qui a également
englouti l’histoire des Juifs
originaires de divers pays à travers
le monde. M. Azoulay a quant à lui
lancé un appel au souvenir,
nous demandant de prendre une feuille
blanche et de nous pencher sur le passé comme
sur l’avenir. L’histoire
est la graine qui peut donner jour à un
nouvel enseignement de la mémoire.
Le deuxième message fort de
son interlocution a été le
rôle évident de l’action
individuelle, de ne pas rester inerte
et assister à d’autres
tragédies. Enfin, il nous a
conviés à examiner de
près et honnêtement, ensemble
et individuellement, les erreurs et
les succès du passé avant
de noircir les pages blanches devant
nous. Cette honnêteté et
cette volonté commune peuvent
permettre à un Israël et
une Palestine démocratiques
de vivre et d’aller de l’avant
côte à côte.
Le premier panel s’est
composé de quatre présentations
très différentes qui
ont planté le décor.
Benjamin Barber a vivement rappelé à nos
esprits un thème qui est resté omniprésent
tout au long de son intervention :
guerre et paix sont avant tout une
question de pouvoir. Dans le sillage
d’autres participants, M. Barber
nous a invités à trouver
des moyens concrets de devenir des
citoyens planétaires, le monde
qui nous abrite dépassant à bien
des égards les frontières
de l’État-nation. Il s’est
fait le porteur de messages forts et
mémorables – certains à l’attention
des participants et d’autres
adressés à M. Bush. Ni
le paternalisme ni la violence ne peuvent
apporter la liberté : « Vous
ne pouvez libérer quiconque
par les armes. » « La
démocratie en Irak ne sera pas
bâtie par des missiles intelligents
mais par des enfants intelligents – seuls
des enfants instruits y parviendront. » Cette
pensée a rappelé à nos
esprits que la liberté ne viendra
pas du jour au lendemain et qu’il
faudra des décennies pour la
construire. Il a réaffirmé,
après le débat du deuxième
jour sur les principes et les actions,
que les dirigeants et les nations doivent
traduire leurs principes en actions,
si nous voulons progresser. Il s’agit
là de l’essence même
de la démocratie, et selon lui,
ce principe n’est nulle part
plus à propos que dans le respect
de la loi par les États-Unis.
La paix au Proche-Orient ne se fera
pas sans la démocratie – tant
au Proche-Orient qu’aux États-Unis.
Ben
Barber a abordé deux sujets à la
fois complexes et sensibles faisant
partie intégrante de nos discussions
depuis l’ouverture du colloque :
le rapport entre Islam et démocratie
et les interconnexions entre la démocratie
et les marchés. Selon lui, Islam
et démocratie ne sont pas incompatibles
(« Ne critiquer que l’Islam
en la matière ne relève
pas de la science sociale ni de l’histoire – c’est
de la bigoterie, et rien d’autre »).
Les malentendus que nous entendons
si fréquemment à propos
de l’Islam et de la démocratie
aujourd’hui sont ceux qui reflètent
une vision étroite du moment
présent. Si nous nous tournons
vers le passé, on ne peut manquer
de constater que chaque religion a
traversé des phases transitoires
et commis des atrocités, et
le parcours de chacune d’entre
elles nous montre qu’il existe
des voies menant à la démocratie
qui sont compatibles avec la foi, ce
qu’illustrent des modèles
de démocratie existants et florissants
parmi les pays musulmans.
Ensuite,
il a souligné que
l’économie de marché n’est pas synonyme
de démocratie (« le
shopping ne peut construire un monde
meilleur »). Relier les
deux donne jour à une vision
erronée que plus d’un
utilise en pratique et comme base de
réflexion. Les marchés
et la consommation, selon Ben Barber,
sont des considérations privées
tandis que la démocratie s’inscrit à l’échelle
des responsabilités publiques.
La citoyenneté doit être
disjointe du monde des affaires et
de la consommation.
C’est Hamid Barrada qui nous
a rappelé que les douze coups
de minuit ont sonné dans le
monde – et avant tout dans le
monde arabe. Il a abordé la
définition du moi dans le monde
arabe depuis les attentats du 11 septembre.
Sa vision sévère, comme
d’autres l’avaient exprimé,
reliait Ben Laden et M. Bush – il
est curieux et ironique que les meilleurs
alliés de Ben Laden soient MM.
Bush et Sharon. M. Barrada a dépeint
le tableau sombre d’un combat
actif et permanent pour l’Islam.
Pour trop de jeunes, Ben Laden est
devenu le reflet de l’Islam,
de ce qu’elle représente
et signifie. Il est aujourd’hui
urgent de faire s’élever
des voix pour contrecarrer cette image.
Le seul moyen d’apporter paix
et changement est de construire « notre » Islam – la
véritable Islam de l’histoire
et des valeurs fondamentales, bien
distincte de celle de Ben Laden, et
de le faire rapidement et en toute
lucidité. Il a rappelé l’importance
d’établir les principes
d’un État laïque
et avant tout de garantir le principe
selon lequel personne ne peut imposer
ses croyances à quiconque.
Mireille
Mendès-France a tiré de
nombreuses leçons de visites
fréquentes en Palestine et de
discussions avec ceux qui y vivent
dans la souffrance. La situation en
Palestine est douloureuse et, a-t-elle
ajouté, elle se dégrade
encore. Mireille Mendès-France
a insisté avant tout sur les
nombreux échecs visant à garantir
les droits, là-bas comme dans
biens d’autres régions
du monde. Ces droits constituent néanmoins
la clé de voûte réelle
pour reconstruire l’avenir. Ils
semblent indiquer le besoin d’une
réforme à l’échelle
internationale. Elle a énoncé des
propositions bien concrètes :
la création d’une nouvelle
commission promouvant l’action
afin de raviver la Déclaration
des Droits de l’Homme et la Charte
des Nations Unies elle-même.
Elle a reconnu être grandement
préoccupée par l’avenir,
tout particulièrement devant
le nombre d’individus qui ne
disposent pas du droit de refuser ce
qui leur arrive. La capacité à contrôler
ses propres ressources, un thème
qui fait particulièrement référence à la
gestion par les Israéliens des
ressources en eaux des Palestiniens,
est un sujet capital et urgent. Partout
dans le monde, les États ne
sont que trop enclins à brider
les droits au nom de la lutte contre
le terrorisme – le Patriot Act
en est l’exemple parfait, mais
nous en avons beaucoup d’autres
illustrations, trop même, y compris
en Europe.
Abraham
Segal a porté son
attention principalement sur la culture,
donnant un nouveau souffle à nos
discussions en nous narrant sa vie
et son parcours. Il nous a conviés à employer
tous les instruments culturels à notre
disposition – musique, cinéma,
littérature – pour promouvoir
l’action et avant tout pour mettre
un terme à la colonisation qui
constitue toujours un obstacle sur
la voie de la paix dans la crise israélo-palestinienne
et ailleurs.
Il
s’est également intéressé au
langage et aux dangers qui sont nés
de l’utilisation du langage religieux
pour justifier la violence ou l’oppression,
comme c’est aujourd’hui
le cas avec M. Sharon et les colons
israéliens en Palestine. La
parole de Dieu doit être utilisée
pour s’adresser à lui
ou parler aux autres, mais pas comme
un instrument de domination ou d’oppression.
M. Segal nous a fourni de nombreux
symboles tirés de textes anciens – la
sagesse d’Abraham, le récit
du Temple de Jérusalem et bien
d’autres encore.
Mme
Wade a elle aussi témoigné de
son histoire personnelle et de l’expérience
du Sénégal et de l’Afrique :
toutes deux l’ont bien trop souvent
confrontée au drame, mais montrent
par ailleurs que l’espoir ne
peut être découragé.
Elle a souligné combien il est
primordial de résoudre très
rapidement la question israélo-palestinienne,
mettant une fois encore en garde contre
la crise mondiale qui pourrait en résulter
si nous n’y parvenons pas. Elle
a également exprimé ses
profondes préoccupations à l’égard
de ce qu’elle perçoit
comme une résurgence de l’antisémitisme,
en Europe et ailleurs – une tragique
ironie de l’histoire et un point
sur lequel nous pouvons tous agir.
Le second
panel a
porté les
débats sur un terrain plus concret.
John Marks a souligné l’expérience
et les leçons tirées
de ses propres travaux en vue de créer
l’organisation Search for Common
Ground. Il a également orienté la
discussion de nouveau sur l’expérience
de l’Afrique du Sud et ses enseignements,
cette vibrante illustration d’un
changement opéré alors
que 15 ans plus tôt la situation
semblait sans espoir. John a insisté sur
l’importance du recours à de
multiples moyens, et tout particulièrement
les médias dont l’influence
sur l’opinion est déterminante
et qui permettent d’ouvrir des
voies nouvelles pour agir, comprendre
et réconcilier. Très
humblement, il reconnu l’ampleur
de la tâche à accomplir
et combien il nous reste à apprendre ;
ce fut une source d’inspiration
profonde pour chacun d’entre
nous. Son message était chargé d’optimisme :
nous avançons, même si
la route est semée d’embûches,
et la volonté alliée à l’action
pourront faire changer les choses.
Jean-Claude
Petit a reconduit le débat sur les thèmes évoqués
en 2003 et la notion de « citoyen
médiatique » présentée
alors comme le défi majeur.
Il a évoqué ses nombreuses
expériences avec les lecteurs
de ses magazines et affirmé l’importance
de l’écoute, qui seule
permet de comprendre, tout particulièrement
dans le cadre d’une situation
conflictuelle. Les journalistes sont
au service de la démocratie – ils
ne sont pas neutres, ni spectateurs
et doivent prendre conscience de leur
rôle et le modeler. Selon lui,
la déontologie qui guide le
métier de journaliste est un
défi majeur pour l’avenir
et qui exige une nouvelle définition
des rôles des journalistes mais
aussi des lecteurs.
Crik
Poortman s’est tourné,
dans son raisonnement, vers l’économie
et ses fondements. Une économie
robuste constitue clairement une pierre
angulaire d’un avenir de paix
et de prospérité – deux
données dont l’évolution
est indissociable. Il a exprimé un
optimisme mesuré sur la réalisation
effective d’un monde meilleur,
illustrant ses propos d’exemples
de réussite apportés
par l’histoire récente,
mais soulignant également les
obstacles qui nous attendent sur notre
parcours. Il a attiré l’attention
sur le défi majeur de la région
du Proche et du Moyen-Orient, à savoir
la nécessité de créer
4 à 5 millions d’emplois
par an sur les 20 prochaines années
afin de répondre au rythme de
croissance de la main d’œuvre.
Il nous a rappelé la triste
réalité des jeunes de
cette région qui, pour plus
de la moitié, sont sans emploi
de nos jours.
La
gouvernance, dans son sens technique
mais également en tant que lien
majeur dans la constitution d’États
et d’institutions démocratiques,
joue un rôle particulièrement
central. La démocratie sous-entend
un bon gouvernement, une participation
plus active de chaque individu, et
tout particulièrement des femmes
et des jeunes générations,
mais aussi un sens des responsabilités,
dans toutes ses applications, y compris
un combat actif et durable contre la
corruption. Alors que le monde arabe
entre dans une phase transitoire indispensable
et obligée – restructuration
du secteur privé, ouverture à l’économie
mondiale, diversification au-delà du
secteur pétrolier – il
ne pourra réussir sur cette
voie qu’en relevant les défis
posés par la gouvernance.
Mohammed
Barrada a également
rendu hommage à Fès,
en tant que précieuse source
d’inspiration – son histoire
et sa culture illustrant les possibles.
Il a souligné dans ses propos
le rôle de la culture arabe moderne
et des intellectuels qui ont construit
les fondations d’une modernité arabe.
Si cette culture a étincelé dans
la première moitié du
20 ème siècle, elle s’est
vue de plus en plus menacée
par la montée de ce que Mohammed
Barrada surnomme la culture « pétro
dollar ». Cette culture
intellectuelle existe toujours, mais
elle est aujourd’hui entourée
d’États qui lui sont hostiles.
Les intellectuels ont payé cher
leur dissidence – exil, prison,
menaces physiques. Ils ne doivent cependant
pas baisser les bras : l’humanisme,
souligne Mohammed Barrada, reste la
dernière barrière contre
le barbarisme.
En
introduction de cette journée,
Faouzi Skali a rendu hommage à Jim
Wolfensohn. Outre les liens personnels
qui l’ont lié au Festival
de Fès depuis le début
et son engagement artistique, Jim Wolfensohn
a su introduire à la présidence
de la Banque mondiale une impressionnante
et nouvelle ouverture en affirmant
l’importance des cultures comme
vecteur de développement. Le
partenariat qui allie la Banque mondiale
au Festival de Fès pour le Colloque
est le résultat d’un événement
fortuit, une invitation adressée à Jim
Wolfensohn, à laquelle il répondit
en envoyant Katherine Marshall. L’heureuse
coïncidence entre l’engagement
du Festival de Fès envers les
défis posés par la mondialisation
et sa vision d’un dialogue interculturel,
et les efforts faits par la Banque
mondiale pour approcher le monde religieux
et une société civile
plus vaste, a donné naissance à un
partenariat remarquable. Le respect
mutuel des deux acteurs et la complémentarité de
leurs contributions et de leurs rôles
ont rendu possible et accompagné l’évolution
saisissante de ce Colloque depuis sa
naissance, il y a quatre ans.
Parmi
les intervenants : André Azoulay ;
Benjamin Barber, Abraham Segal, Mireille
Mendès-France, Hamid Barrada
ont participé à la
première table ronde animée
par André Azoulay ;John
Marks, Christian Portman, Jean-Claud
Petit et Rachid Benmokhtar ont participé au
second panel de discussion, animé par
André Azoulay.
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