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MUSA DIENG KALA (Sénégal)
« L’Exil de Cheikh
Amadou Bamba »
Dans
le cours de l’histoire, le Sénégal
fut - est encore - le point de contact,
de rencontre et de pénétration
entre le Maghreb arabo-islamique et
l’Afrique Noire.
Largement islamisé, le Sénégal,
qui a su garder ses valeurs culturelles
traditionnelles propres, est resté
une terre de tolérance, où
la présence chrétienne
est encore prégnante.
Le Soufisme est largement implanté
en Afrique de l’Ouest à
travers des Confréries Qaddiriya
(descendant du Sheikh Abdelqader Jilani)
et Tidjanya (descendant du Sheikh Ahmed
Tidjani).
Il existe aussi, et particulièrement
au Sénégal, une troisième
confrérie, omniprésente,
la Confrérie Mouridiyya (de Mourid
: « ceux qui aspirent à
Dieu ») qui fût fondée
au XIXème siècle par Sheikh
Amadou Bamba (1855 – 1927).
C’est à cette tradition
qu’est directement affilié
Musa Dieng Kala qui se définit
lui-même « comme un humble
disciple, engagé dans la vie
et le travail selon l’exemple
de mon sheikh ».
Après avoir travaillé
aux côtés de Youssou N’Dour,
dont il dirigea le studio d’enregistrement
à Dakar de 1991 à 1993,
cet artiste polyvalent produisit plusieurs
clips vidéo.
En 1993 il part s’installer à
Montréal, au Canada. C’est
là qu’il découvre
ses talents cachés de chanteur
et que se développe en lui le
désir de faire connaître
le message du Sheikh Amadou Bamba à
travers ses chansons.
Avec l’autorisation des plus hautes
autorités de la confrérie,
il publie un premier CD « Shawkantu
– Faith », unanimement salué
par la critique.
En 2005, son second CD en préparation,
suivant les mêmes sources d’inspiration
spirituelle, intégrera des influences
tantôt Jazz, tantôt soul
ou blues, voire indiennes ….
La musique africaine est plutôt
connue dans le monde pour ses qualités
rythmiques et ludiques, invitant à
la joie et à la danse, plus qu’à
la méditation. Musa Dieng Kala
rompt avec cette image et compose un
programme entièrement tendu vers
la religion dans son aspect le plus
profond. Chantant en arabe et en wolof,
Musa Dieng Kala a mis en musique les
poèmes de son maître Scheikh
Amadou Bamba.
Pour le Festival de Fès, Musa
Dieng Kala a fait un retour complet
vers une instrumentation traditionnelle,
tournant le dos aux sonorités
électriques et aux harmonies
« modernes » de ses CD,
mais en en gardant l’esprit et
la foi.
C’est donc aux sons des tokoros
(flûtes Peuhl), xalam (cithare
sénégalaise) et autres
percussions Xines,utilisées dans
les rituels Dikhrs des Baï Fall,
que la douce voix de Musa Dieng Kala,
qui a côtoyé sur diverses
scènes du monde Myriam Makaba,
Cheb Mami , Noa ou Manu Dibango, nous
livrera cette méditation musicale,
moment privilégié où
les racines de la tradition mandingue
fusionneront avec l’esprit de
l’Islam.
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